Les tensions qui tiennent
Toutes les tensions ne demandent pas à être résolues. Certaines sont des forces opposées qui vous tiennent droit.
Le piège de la résolution systématique
On nous apprend à résoudre les tensions. À choisir. À trancher.
Mais certaines tensions ne se résolvent pas — elles se tiennent.
Et c’est précisément ce qui les rend utiles.
La tension entre liberté et engagement. Entre solitude et lien. Entre ce qu’on est et ce qu’on construit. Ces oppositions ne disparaissent pas. Elles structurent.
Vouloir les résoudre à tout prix, c’est perdre ce qu’elles portent.
Trois questions pour distinguer
1) Cette tension me paralyse-t-elle ou me mobilise-t-elle ?
Une tension paralysante demande un choix. Une tension mobilisante demande de l’espace.
2) Disparaîtrait-elle si je résolvais la question en surface ?
Si oui — c’est un problème à traiter. Si non — c’est une tension à habiter.
3) Depuis combien de temps est-elle là ?
Une tension ancienne qui revient régulièrement n’est pas un bug. C’est une partie de votre structure.
Mini-protocole (5 minutes)
- Nommer (1 min) — écrire la tension en une phrase. Les deux pôles.
- Évaluer (2 min) — cette tension me tient-elle ou m’épuise-t-elle ?
- Décider (2 min) — est-ce à résoudre ou à habiter ?
À retenir
Certaines tensions ne cherchent pas à disparaître.
Elles cherchent à être reconnues — pour pouvoir, enfin, être utilisées.